Economie : la RDC sous le débat de l’augmentation des réserves de change

La Banque centrale du Congo (BCC) a démontré, mardi 21 septembre dernier, que l’augmentation des réserves de change en République Démocratique du Congo (RDC) qui ont haussé de 3.356,76 milliards USD en 2021 contre 708,89 millions USD en 2020, porte la couverture d’importations des biens et services dans 3 mois.

Cette augmentation est, selon un communiqué de la BCC, due aux opérations régulières de la banque, qui consiste à acheter des devises et racheter les recettes fiscales en devises, l’encaissement du financement du Fonds Monétaire International (FMI) au titre de la Facilité Élargie de Crédit (FEC) et l’encaissement de l’allocation des Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du FMI équivalent à 1,5 milliard USD en mi-septembre 2021.

Un expert économiste, Al Kitenge, démontre combien des réserves de change sont d’une importance capitale dans un pays. « Les réserves de change sont un matelas financier nécessaire pour n’importe quel pays afin qu’il soit en mesure de remplir toutes ses obligations internationales. La première obligation est de pouvoir  financer les importations utiles et la deuxième, c’est de payer ses dettes externes. Mais il y a également un rôle interne, c’est-à-dire s’il y a un jeu de parité entre la monnaie locale et la monnaie étrangère, ce qui est le cas chez nous, on peut injecter de devise pour être en mesure de réguler le taux de change entre la monnaie locale et le dollar dans le cas d’espèce de la RDC, et dans un pays extraverti qui importe tout ce qu’il consomme ça devient une notion très sensible parce que nous devons être en mesure d’assurer notre survie par des importations », explique-t-il.

Selon lui, les réserves de change « sont ravitaillées par les exportations, puisque vous recevez les devises étrangères et quand vous en avez pas assez comme le cas de la RDC, nous recourons aux avances à la balance payement et c’est la banque mondiale qui nous prête de l’argent,  cela n’est pas responsable. Donc nous nous embêtons pour être en mesure d’importer les biens dont nous avons la capacité de produire ici, un pays sérieux limite les importations à l’ensemble des choses qu’il ne peut pas produire et dont il n’a pas la potentialité, donc il se débat pour être en mesure de produire ce qu’il consomme et de consommer ce qu’il produit.»

En ce qui est de l’impact de réserves de change sur la stabilité économique, il montre que, « La stabilité économique d’un pays n’est pas déterminée par le nombre de semaines d’importations mais plutôt par celui de la capacité d’un pays dans la production. La réserve de change peut avoir un impact sur le prix de bien sur le marché dans la seule condition où faute d’importation des biens sur le marché en quantité insuffisante, il y a une spéculation sur la monnaie entre le dollar local échéant et la monnaie locale. Et ce que la banque mondiale fait, elle puise dans la réserve de change et injecte sur le marché pour être en mesure de solidifier le marché en devise pour que les gens soient en mesure de pouvoir importer plus facilement et cela augmente les quantités de bien et réduit le prix ».

Les réserves de change soutiennent, selon la BCC, la résilience économique dans un pays car elles permettent de riposter en cas de choc contre la monnaie nationale en vue de préserver la stabilité de celle-ci. Il est donc capital que ces réserves soient suffisamment élevées et couvrent, au minimum, 3 mois.

Espérant Kalonji

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